Toutes les raisons

#1 – Lé bon pou la santé

© Parc national de La Réunion - Tara Yung

© Parc national de La Réunion – Tara Yung

Troubles du sommeil, de la concentration, agressivité, diminution des performances… L’homme subit les effets néfastes de la lumière artificielle. La nuit noire est essentielle au maintien de notre rythme biologique. Elle permet d’activer la production de mélatonine, l’hormone du sommeil.

Les éclairages mal orientés ont un impact direct sur la santé humaine : ils modifient notre rythme biologique naturel. La qualité du sommeil est alors détériorée. Des cas de myopie précoce peuvent même se déclencher chez l’enfant, à cause des veilleuses et autres écrans. L’exposition prolongée à une lumière intense peut aussi perturber la sécrétion de cortisol, qui régule les glucides, lipides, protides, ions et eau du corps…

Aujourd’hui, plus de 80 perturbations sont reconnues comme conséquence d’une exposition excessive aux éclairages. Des études montrent qu’une perturbation du cycles biologique pourrait contribuer à l’augmentation du risque de cancer chez les travailleurs des trois-huit !

 

#2 – I soulaz out portmoné

Ville de Saint-Denis la nuit - © Parc national de La Réunion

Ville de Saint-Denis la nuit – © Parc national de La Réunion

La lumière, ça coûte cher ! Ces dernières années, l’éclairage extérieur n’a cessé d’augmenter : plus d’équipements, plus de sources, plus longtemps !

Dans les communes des DOM, le poids de l’éclairage public est conséquent. Il représente à lui seul 58% de la consommation totale d’électricité. Si chaque commune travaillait sur la puissance, l’orientation et les horaires de l’éclairage public, il serait possible d’économiser presque 30 % sur la facture énergétique globale.

Certaines communes réunionnaises éteignent déjà leur éclairages publics entre 22h et 4h du matin toute l’année. Elles enregistrent ainsi des économies notables. Pendant la période des Nuits sans Lumière, de réelles économies sont réalisées à l’échelle de l’île.

 

#3- Pou pak lo Mond i touff

Cirque de Mafate vu du Maïdo

Cirque de Mafate vu du Maïdo – © Hervé Douris

Réduire sa facture d’électricité, c’est réduire les gaz à effet de serre.  A La Réunion, la plus grande part de l’électricité est produite à partir d’énergie fossile (près de 65%) qui génère la production de CO2 et contribue au réchauffement climatique. Le transport de ces matériaux jusqu’à l’île accroît leur empreinte carbone.

Le réchauffement climatique représente un enjeu mondial. La COP 21, organisée en décembre dernier a donné vie à un accord sur le climat : contenir la hausse des températures en dessous de 2°C ! Les collectivités se sont engagées à promouvoir la sobriété énergétique, en optimisant les éclairages publics et en luttant contre la pollution lumineuse.

Aujourd’hui, au niveau planétaire, l’électricité destinée à l’éclairage public et privé représente environ 15 % de la consommation mondiale et 5 % des gaz à effet de serre. Le monde produit donc en moyenne 5,6 Twh (Térawatt / heure) chaque année, ce qui représente une émission de 610 000 tonnes de CO2 ! La consommation d’énergie doit plus que jamais être adaptée aux besoins réels.

En utilisant des technologies plus écoperformantes il serait possible d’économiser 1,7 TWh par an et d’éviter ainsi le rejet dans l’atmosphère de près de 185 000 tonnes de CO2.

#4 – Pouk nout zétwal i gingn briyé

Sommet du Piton des neiges sous le ciel étoilé - © Parc national de La Réunion - Jean-François Bègue

Sommet du Piton des neiges sous le ciel étoilé – © Parc national de La Réunion – Jean-François Bègue

Le terme « pollution lumineuse » a longtemps été utilisé pour désigner le halo lumineux généré par la lumière mal orientée, et donc perdue. Cette lumière diffuse est une véritable gêne pour les astronomes désireux d’observer le ciel. Le phénomène alimente également une vraie méconnaissance et un désintérêt pour les étoiles et les constellations, en particulier chez les nouvelles générations et en milieu urbain. Les passionnés et astronomes dénoncent cette situation.

L’Observatoire astronomique des Makes a mesuré l’évolution de la pollution lumineuse. Désormais, il est quasi impossible d’observer les étoiles sur les 30 premiers degrés au dessus de l’horizon à cause du halo lumineux qui entourent les villes du littoral. Le ciel nocturne et les paysages de la voûte céleste, sont reconnus comme un bien collectif, source d’inspiration, de questionnement et d’émerveillement. Aujourd’hui, l’ONU envisage même de considérer le ciel étoilé comme « patrimoine commun de l’humanité ».

Heureusement, à La Réunion, il est encore possible de faire naître des vocations : plusieurs sites isolés offrent une nuit noire à couper le souffle comme les Makes, Mafate ou le Volcan !

 

#5 – Pou sov nout fouké, nout taille-vent, nout timize

Envol d'un Pétrel de Barau depuis la côte - © Parc national de La Réunion - Benoît Lequette

Envol d’un Pétrel de Barau depuis la côte – © Parc national de La Réunion – Benoît Lequette

Le Pétrel de Barau et le Pétrel noir de Bourbon sont des oiseaux marins endémiques de l’île de La Réunion. En danger critique d’extinction, ils sont directement affectés par les éclairages puissants tournés vers le ciel.

Lorsque les jeunes pétrels prennent leur envol depuis les sommets de l’île, le reflet de la lune sur l’océan leur indique naturellement la direction à suivre. Les lumières des villes créent, en revanche, le même effet d’attraction et provoquent alors l’échouage de nombreux pétrels. Une fois au sol, impossible de redécoller pour ces oiseaux, qui peuvent mourir de faim ou être attaqués par d’autres animaux, comme les rats et chats errants.

La période massive d’échouage des pétrels de Barau a lieu au mois d’avril, plus de 900 oiseaux sont récupérés chaque année ! Les Nuits sans Lumière permettent d’alerter sur l’impact de la pollution lumineuse sur l’une des espèces remarquables de notre patrimoine naturel réunionnais.

Sur l’île, deux autres espèces s’échouent également à cause des éclairages tournés vers le ciel : le Puffin de Baillon et le Puffin du Pacifique. Si vous trouvez un oiseau échoué, contactez rapidement la SEOR au 0262 20 46 65.

 

#6 – Pou vèy si nout bann zanimo la nuit

Papillon de nuit - © Parc national de La Réunion - Jean-François Bègue

Papillon de nuit – © Parc national de La Réunion – Jean-François Bègue

L’île de La Réunion est un haut spot de biodiversité et enregistre un taux d’endémisme record. L’éclairage massif nuit fortement aux espèces animales de l’île, toutes catégories confondues.

Les insectes, par exemple, sont les victimes silencieuses de cette pollution, à l’instar des papillons de nuit. Cette surmortalité a une conséquence directe sur la chaîne alimentaire naturelle et sur la pollinisation de certaines plantes.

Chez les poissons de nos rivières et de nos lagons, le bouleversement du cycle jour/nuit peut modifier les capacités de locomotion : déplacement en banc, migration, alimentation…

Les amphibiens et reptiles sont également concernés. La lumière artificielle bouleverse ainsi leurs cycles et périodes de chasse. Les éclairages publics provoquent aussi des concentrations artificielles de certaines espèces de chauve-souris, au détriment de leurs proies, les papillons de nuit notamment.

 #7- Pou sov nout bann tortue d’mèr

© Stephane-Ciccione

Le nombre de tortues qui viennent pondre sur nos côtes se compte sur les doigts d’une main. En cause notamment, un éclairage massif et mal orienté qui bouscule le cycle de vie des tortues marines.

Les adultes refusent de pondre sur les plages éclairées. Les nouveaux-nés, eux, guidés naturellement par le reflet de la lune sur la mer, sont complètement désorientés par les lampadaires allumés. Perdus, ils risquent de mourir de déshydratation, de fatigue ou être victime de prédateurs.

Chez Kelonia, observatoire des tortues marines de La Réunion, les lumières des bâtiments et parking sont éteintes en permanence, sauf lors d’événements particuliers.

La pose de déflecteurs sur les éclairages du parking doit se poursuivre pour qu’ils ne soient pas visibles du ciel et sur la plage.

Logo Nuits Sans Lumière